jeudi 28 avril 2016

Le Cœur entre les pages, Shelly King



Quatrième de couverture :

Maggie, 34 ans, vient d’être licenciée de la start-up branchée de la Silicon Valley où elle travaillait. Que faire sinon traîner au Dragonfly, la pittoresque librairie de livres d’occasion ? Lassé de la voir végéter, Dizzy, son meilleur ami, lui propose de participer à un club de lecture. Au programme : L’Amant de Lady Chatterley. Dans l’ancienne édition qu’elle déniche, Maggie découvre une mystérieuse correspondance amoureuse... Cette découverte va bouleverser la vie de la jeune femme et celle de la petite librairie menacée de fermeture par la concurrence. Le tout sous les yeux espiègles de Grendel, le chat qui a élu domicile parmi les rayonnages.

384 pages, Éditions Préludes, mai 2015



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

Après avoir été renvoyée de la société ArGoNet, une start-up qu’elle avait montée avec Dizzy, son meilleur ami, Maggie passe le plus clair de son temps au Dragonfly, une librairie de livres d’occasion. Elle ne tarde pas à se lier d’amitié avec Hugo, son propriétaire, un homme d’un certain âge plein de bienveillance envers Maggie. Mais Dizzy a une idée pour que sa complice de toujours soit réintégrée : elle doit s’inscrire à un club de lecture auquel participe une personne ayant un poste important chez ArGoNet dans le but de se faire apprécier. C’est ainsi qu’elle se procure L’Amant de Lady Chatterley. Mais en commençant ce livre, Maggie découvre qu’une correspondance est dissimulée au sein de l’œuvre de D.H. Lawrence : celle d’Henry et de Catherine, deux amoureux transis qui ne se sont pourtant jamais rencontrés. Maggie se livre à une véritable chasse au trésor pour retrouver ces deux individus.

Le Cœur entre les pages nous offre une jolie plongée dans l’univers d’une librairie tenue par un réel amoureux des livres. Il s’occupe de cette boutique avec Jason, son employé avec lequel Maggie aura du mal à s’entendre, et Grendel, son chat qui a du caractère. Et à force de voir Maggie passer son temps avec eux – et sachant qu’elle n’a pas d’emploi et commence à avoir des difficultés financières –, Hugo va lui proposer de travailler pour lui. Maggie s’occupe donc du rayon Romance de la librairie. Dès lors, nous allons assister à une véritable transformation de la jeune femme, qui va se rendre compte que le monde de l’entreprise, des profits, et le manque d’humanité que cela engendre ne sont peut-être pas faits pour elle.

Notre narratrice, doit faire face aux remarques incessantes de sa mère quant à son choix de vie – ingérence qu’elle supporte de plus en plus difficilement. C’est son évolution que nous allons pouvoir suivre dans ce roman. Car le cheminement de Maggie est un point essentiel de cet ouvrage, qui va s’intéresser à son évolution aussi bien personnelle que professionnelle : tantôt lectrice passionnée, enquêtrice à la recherche d’Henry et de Catherine, fidèle amie, ou encore amante… 

Shelly King nous parle ici de sentiments au sens large, allant de la passion que l’on peut avoir pour la lecture, à l’amour que l’on peut éprouver dans un couple, en passant par l’amitié, mais aussi par les liens qui unissent des parents à leurs enfants. Par ailleurs, ce roman nous propose une jolie galerie de portraits, avec des protagonistes différents et complémentaires : Hugo, l’ami bienveillant amoureux de la littérature, Jason, la personne renfermée que l’on a des difficultés à cerner, Dizzy, le meilleur ami gay exubérant, Grendel, le chat mal léché, Rajhit, l’amateur de vélos, etc. Et quelle ne sera pas la surprise de notre héroïne lorsqu’elle découvrira l’identité des auteurs de la correspondance disséminée dans L’Amant de Lady Chatterley !


samedi 23 avril 2016

Partition amoureuse, Tatiana DE ROSNAY

 


Quatrième de couverture : 

« Quatre hommes, quatre notes. Toi un do, première note de la gamme comme alpha est la première lettre de l’alphabet. Manuel est un sol aux accents inquiétants, la dominante de la gamme de do. Pierre est un long ré tourmenté. Hadrien ne serait-il pas mon la, note de référence, celle dont un chef a besoin pour diriger un orchestre, celle qu’il me fait désormais pour apprendre à diriger ma vie ? » T.R. 
Margaux, célèbre chef d’orchestre, décide, à l’approche de ses 40 ans, d’inviter à dîner les hommes qui ont le plus compté pour elle. C’est l’occasion d’un bilan, le moment d’assumer les échecs du passé afin de mieux savourer ses bonheurs présents. Avec lucidité, Margaux dresse l’inventaire de sa vie amoureuse, comme elle le ferait sur une partition, chacun de ses amants apportant la cadence.

224 pages, Éditions Le Livre de Poche, février 2016.



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

À l’approche de son quarantième anniversaire, tel un bilan sur sa vie amoureuse, Margaux, mère d’un petit garçon de cinq ans et brillante chef d’orchestre, projette d’inviter les ex qui ont le plus compté à dîner. Ainsi, elle décide de convier Max, Manuel et Pierre. Enfin, Max est décédé. Elle entreprend de lui écrire une lettre pour lui faire part de son initiative et pour coucher sur papier ses trois histoires d’amour, mais également ses craintes, peurs et espoirs. Partition amoureuse est cette lettre adressée à un amant perdu à jamais, auquel elle va se confier. 

Margaux a donc eu trois hommes qui ont compté dans sa vie. Pendant ses études musicales, elle fit la connaissance de Max, qui avait à l’époque soixante-dix ans (alors qu’elle n’avait que la vingtaine). Ensemble, ils ont vécu une réelle histoire d’amour, amplifiée du fait de leur passion commune pour la musique. D’ailleurs, sans Max, elle ne serait probablement pas devenue la chef d’orchestre reconnue qu’elle est aujourd’hui – car n’oublions pas que c’est une profession presque exclusivement masculine. Puis il y eut Manuel, un homme marié, un amant passionné qui ne quittera pourtant jamais son épouse, avec laquelle il entretient d’ailleurs une relation très libérée. Enfin, il y eut Pierre, brillant avocat qui lui donna un fils, Martin. Mais Pierre et Margaux sont souvent en déplacement pour des raisons professionnelles, et Margaux va finir par aller trouver de l’attention dans le lit d’autres hommes.

J’ai eu un peu de mal à apprécier l’héroïne et narratrice, car je ne partage pas vraiment ses valeurs, elle et moi ayant une vision de l’amour et des relations hommes/femmes différentes. Du coup, j’ai éprouvé quelques difficultés à ressentir de l’empathie pour elle, et j’ai même été quelque peu gênée par certaines scènes. Il n’y a rien d’obscène dans cet ouvrage, mais j’ai par exemple du mal à appréhender une histoire d’amour entre deux personnes ayant cinquante ans d’écart. De plus, Margaux a eu beaucoup d’hommes dans sa vie (Max, Manuel et Pierre étant ceux qui ont le plus de place). Bref, l’héroïne était quelque peu aux antipodes de moi.

Cependant, j’ai encore une fois beaucoup apprécié la plume de Tatiana De Rosnay. Cet auteur a le don de prendre son lecteur par la main dès la première page et de l’embarquer dans son univers, de lui conter une histoire. Que l’on apprécie ou non l’intrigue, on ne peut nier son talent ! Par ailleurs, elle fait de nombreuses références à la musique classique qu’elle compare à l’amour, et qui sera tel un fil conducteur nous faisant part de l’évolution de Margaux, qui, de jeune femme amoureuse devient mère, et ses centres d’attention changent alors pour se focaliser sur son enfant. 



mardi 19 avril 2016

Tant d'étoiles dans la nuit, Charlotte BOUSQUET



Quatrième de couverture :

« Tant d’étoiles dans la nuit.
Il y a tant d’étoiles dans la nuit, minuscules diamants, lumières émouvantes... »
Jace D.

224 pages, Éditions Rageot, mars 2016



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

Jace D., chanteur dans un groupe de pop metal bien connu pour ses différents déboires, a été victime d’une agression. Après une mise en scène ayant pour thème un de ses albums, Wonderland, quelqu’un lui a tiré dessus. Il est désormais dans le coma, entre la vie et la mort. Le récit va s’articuler autour de différents personnages qui sont des proches de Jace. Ainsi, chacun va prendre la parole chapitre après chapitre, et nous livrer sa vision de Jace, se confier sur ce qu’il a pu vivre avec lui et ce qu’il pense de ce musicien. Au long, de l’ouvrage, des questions vont persister, servant de fil conducteur : qui a tiré sur Jace ? Pourquoi a-t-on voulu attenter à sa vie ? Qui est réellement cet homme de vingt-six ans, qui semble collectionner les conquêtes – et tant pis pour les filles qu’il fait souffrir – et se moquer de tout et de tout le monde ? Mais, surtout, parviendra-t-il à réchapper de cette tentative d’assassinat ?

Le premier chapitre nous est relaté du point de vue de l’agresseur, ce qui permet au lecteur d’accrocher immédiatement au récit, puisqu’à compter de là, il n’aura de cesse de vouloir connaître l’identité de ce fameux « MOI ». Ensuite, chapitre après chapitre, les narrateurs vont se succéder, faire part de leur inquiétude pour Jace, de leur attachement, mais aussi réfléchir sur la personnalité de ce musicien qui semblait mener une vie « drugs, sex & rock’n roll ». Il a donc des relations perturbées avec autrui, pour celui qui est qualifié par un proche de « sociopathe ». Parmi les différents protagonistes, il y a Sidney, la meilleure amie de Jace depuis de nombreuses années – qui espérerait peut-être davantage –, Ellen, une ancienne conquête, Lee, son manager, Angeni, une Indienne qui avait malheureusement cédé au charme ravageur de Jace, bouleversant ainsi sa vie à jamais, Carl, ce père sur lequel notre musicien avait tiré un trait… Ma préférence va à Sidney, le personnage le plus complexe. Elle est sans doute celle qui m’a le plus émue, dans sa relation tumultueuse avec Jace.

Mais le point fort de cet ouvrage est l’écriture de Charlotte Bousquet. Elle parvient à donner des caractéristiques à chaque narrateur (qui sont au nombre de sept) dans leur façon de s’exprimer, dans l’émotion qu’ils transmettent, mais aussi une personnalité propre à chacun. Par ailleurs, ce livre, qui s’inscrit dans l’univers de la musique, ouvre chaque chapitre par un extrait d’une chanson écrite par Jace D., ce qui permet au lecteur de se rappeler que le personnage principal de ce récit est en réalité le grand absent. Tant d’étoiles dans la nuit est donc porté par une très belle plume, et il ne tombe pas dans le pathos, tout en abordant des sujets délicats sans concession.
 



vendredi 15 avril 2016

La Maladroite, Alexandre SEURAT



Quatrième de couverture : 

« Je voudrais me rappeler Diana, mieux que je ne peux en vrai. Je voudrais me rappeler tout ce que Diana et moi nus n’avons jamais fait ensemble, comme si nous l’avions fait. Parfois j’écoute des musiques de notre enfance, et je voudrais que la musique me la rappelle, mais la musique ne me rappelle rien, parce que nous n’étions pas ensemble, nous n’avons pas vécu la même enfance. »
Diana, 8 ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et nous dire ce qui s’est noué sous leurs yeux. Institutrices, médecins, gendarmes, assistantes sociales, grand-mère, tante, demi-frère...

128 pages, Éditions Du Rouergue, Collection « La Brune », août 2015



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

La première phrase de ce roman est prononcée par d’une institutrice, qui nous dit : « Quand j’ai vu l’avis de recherche, j’ai su qu’il était trop tard ». À partir de là, les protagonistes vont prendre la parole tour à tour pour nous relater l’histoire de Diana, à commencer par sa grand-mère, qui explique que lorsque sa fille est tombée enceinte, elle ne voulait pas du bébé et a tout d’abord accouché sous X avant de retourner la chercher un mois plus tard. Puis nous faisons un saut dans le temps, et nous retrouvons une élève de six ans, tout juste scolarisée, qui a des bleus, des marques, et qui semble accuser un certain retard. Son père est déménageur, sa mère femme au foyer, et à chacune des rencontres de cette famille avec le corps médical ou enseignant, elle parait tout à fait normale, et lève ainsi les soupçons. Ainsi, malgré des suspicions très fortes, personne ne pourra venir en aide à Diana, puisqu’il faut des preuves, et non des soupçons. Et les plantes de pieds couvertes de brûlures et d’infections, qui provoqueront une hospitalisation, ne seront pas non plus suffisantes. Et c’est un calvaire sans nom que va vivre cette enfant, qui ne dénoncera pourtant pas ses parents, et que personne ne parviendra à sauver.

La Maladroite est un livre très difficile. Dès les premiers mots, nous savons pertinemment que Diana est perdue, et que les témoignages qui vont se succéder vont nous relater l’impuissance de l’entourage de Diana. Sa grand-mère ne peut rien faire, car sa fille finit par couper contact avec elle et sa sœur, déménageant sans leur signaler. Viennent ensuite l’institutrice et la directrice de l’école. La maîtresse tente de faire parler Diana, elle consigne même sur papier les sévices qu’elle subodore, mais le médecin scolaire croit aux explications du père de famille : la petite souffre d’une maladie immunitaire, et les yeux extrêmement gonflés qu’elle arbore ne sont qu’une simple conjonctivite. Puis les parents prennent la décision de déménager, et même si la nouvelle directrice alerte les bureaux de l’aide sociale à l’enfance ainsi que la gendarmerie, ils restent tous impuissants : Diana dit que tout va bien, qu’elle est juste extrêmement maladroite, son père, sa mère et son frère tiennent un discours identique, au détail près, pour expliquer le moindre bleue de la fillette.

Alexandre Seurat nous raconte ceci avec beaucoup de distance. Il n’exprime en aucun cas son opinion, et tout cela nous est livré tel un témoignage, une enquête dans laquelle les différentes parties prendraient tour à tour la parole. Ceci nous offre une lecture extrêmement émouvante et difficile. Mais une fois la dernière page tournée, j’ai appris qu’il ne s’agissait pas d’une œuvre de fiction, mais d’un fait divers, et que le calvaire qui nous est relaté est celui de Marina Sabatier. Et là, c’est tout simplement insoutenable. Je pense pouvoir affirmer que La Maladroite est le livre le plus dur que je n’ai jamais lu. C’est pourquoi il m’est impossible de le noter, car je ne peux pas dire que les sévices endurés par une enfant – qui se terminent de la façon la plus abominable qui soit – soient un récit plaisant. C’est cependant un ouvrage nécessaire pour sensibiliser le plus grand nombre, qui soulève le problème de l’impuissance des institutions, qui ne peuvent rien faire tant qu’elles n’ont pas de preuves tangibles.

La Maladroite fut une lecture commune avec Kreen, et je vous invite à aller découvrir son avis.

mardi 12 avril 2016

La Quête d'Ewilan - tome 1 : D'un monde à l'autre, Pierre BOTTERO



Quatrième de couverture :

La vie de Camille, adolescente surdouée, bascule quand elle pénètre pas accident dans l’univers de Gwendalavir avec son ami Salim. Là, des créatures menaçantes, les Ts'liches, la reconnaissent sous le nom d’Ewilan et tentent de la tuer. Originaire de ce monde, elle est l’héritière d’un don prodigieux, le Dessin, qui peut s’avérer une arme décisive dans la lutte de son peuple pour reconquérir pouvoir, liberté et dignité. Épaulée par le maître d’armes de l’empereur et un vieil érudit, Camille parviendra-t-elle à maîtriser son pouvoir ?

264 pages, Éditions Le Livre de Poche, octobre 2012



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

Adoptée alors qu’elle n’était qu’une enfant, Camille n’a aucun souvenir de sa vie avant cet évènement. Elle est désormais une collégienne presque comme les autres – car son intelligence a de quoi faire pâlir son prof de maths – et passe son temps avec Salim, son ami qui habite à la cité des Peintres. Elle vit dans un endroit bien plus embourgeoisé – pour preuve, elle vouvoie ses parents adoptifs –, mais ces derniers ne lui montrent aucun signe d’affection. Un jour, sans le faire exprès, elle saute dans un autre monde, manquant ainsi de peu de se faire renverser par un camion. Elle en parle à Salim, qui est quelque peu dubitatif, mais lorsqu’elle est à nouveau projetée à Gwendalavir en compagnie de son ami, il est bien forcé de se rendre à l’évidence. Les voilà plongés dans cet univers où Camille découvre qu’elle s’appelle en réalité Ewilan, et qu’elle doit accomplir une quête de la plus haute importance. Mais a-t-elle les épaules pour ?

Dès les premières pages, nous entrons immédiatement dans le vif du sujet, et les éléments nous permettant de découvrir Gwendalavir, ses habitants, ses us et coutumes, mais aussi la vie de Camille dans notre monde sont distillés au fur et à mesure. Point d’ennui pour le lecteur dans de longues descriptions ou explications, nous vivons l’aventure du point de vue de nos héros. Ewilan va y prendre connaissance de son don : elle maîtrise l’art du Dessin (pouvoir qui lui permet de modifier le cours des choses en se l’imaginant, et l’objet qu’elle a ainsi créé dans son esprit prend vie devant elle). Elle va également apprendre que ses parents ont disparu voilà plusieurs années alors qu’ils avaient tenté de sauver l’Empire, et qu’elle et son frère (dont elle découvre au passage l’existence) sont désormais les seuls à pouvoir protéger ce monde à l’ambiance médiévale de ses ennemis : les Ts’liches.

Le point fort de ce roman est sans doute la narration. Pierre Bottero a un réel talent de conteur. Il vous prend par la main dès la première page et vous accompagne dans son récit, vous faisant pénétrer dans son monde. J’ai beaucoup aimé sa plume et sa façon de donner vie à ses personnages et à cet univers. Le duo formé par Camille/Ewilan et Salim est vraiment très attachant. On découvre une réelle et sincère amitié, et Salim est bien décidé à accompagner Camille dans sa quête. Ils voyageront d’un monde à l’autre, seront épaulés de tiers comme Ellana, la marchombre, Edwin, le guerrier, Bjorn, le chevalier, ou encore Duom Nil’Erf, l’analyste. Ils sont tous attachants à leur manière, et le lecteur a plaisir à faire leur connaissance.

Cependant, il a manqué quelque chose à cette œuvre pour qu’elle me captive pleinement. Ayant lu des avis tous plus élogieux les uns que les autres, j’attendais beaucoup de ce récit, qui n’a finalement pas été à la hauteur de mes espérances. La partie dans l’Autre Monde a un peu moins capté mon intérêt (peut-être car je ne lis pas beaucoup de fantasy ?), et je dois bien reconnaître que je n’étais pas impatiente de continuer ma lecture. Il n’empêche que je me plongerai dans le second tome de La Quête d’Ewilan avec plaisir, car je veux quand même savoir ce qu’il advient de nos héros et de Gwendalavir.

D’un Monde à l’autre fut une lecture commune avec Kidae, et je vous invite à aller découvrir son avis.


vendredi 8 avril 2016

Je suis qui je suis, Catherine GRIVE



Quatrième de couverture :

Raph fait la gueule, tout le monde le dit, pourtant, sa famille est sympa, non ? Lors d’une sortie avec son copain Bastien, Raph fait la connaissance de sa cousine, Sarah, et sympathise avec elle. C’est si rare, pour Raph. Raph qu’on appelle « jeune homme » dans la rue, Raph qui ne se reconnaît en aucune fille et ne partage aucune confidence avec elle.

127 pages, Éditions du Rouergue, Collection « Doado », mars 2016.



Ce que j’ai pensé de cette lecture :

Contrairement à ses amis, cet été, Raph ne partira pas, sa mère attendant un heureux évènement. Et les vacances promettent de ne pas être très amusantes, car ses deux parents travaillent beaucoup et sont peu présents. Raph passera donc la majeure partie de son temps à l’appartement, où on lui confiera la lourde tâche de faire le tri dans sa chambre. Mais Raph ne va pas bien, en proie au chagrin, mais pourquoi ? Et quelle est cette drôle de manie de fouiller dans les boîtes aux lettres des voisins de l’immeuble pour s’approprier leur courrier et l’entasser sous son lit ? Quête d’identité en pleine adolescence, Je suis qui je suis nous permet de partager les sentiments de Raph, qui découvre les bouleversements de son corps propres à son âge, sans vraiment les accepter, et qui ne parvient pas à trouver sa place.

L’idée que nous proposait Catherine Grive dans son roman était plutôt séduisante. Le premier tiers de la narration est un réel travail de style, puisque durant les dix premiers chapitres, nous ignorons si Raph est un garçon ou une fille. Cheveux courts, comportement et look assez neutre, les gens qui croisent Raph ne savent pas si c’est un jeune homme ou une adolescente, chose assez déconcertante quand on est déjà en plein questionnement sur qui l’on est. Raph est-il le diminutif de Raphaël ou de Raphaëlle ? J’ai bien essayé de chercher une faille au niveau des accords, en vain. Cependant, tout ce travail stylistique perd de son sens si l’on a le malheur de lire le quatrième de couverture, qui dévoile l’identité de Raph.

Par ailleurs, une fois l’ouvrage terminé, je me suis dit « Tout ça pour ça ? » En effet, le chagrin de Raph est l’objet de la narration, mais en définitive, quand on en connaît les raisons, on s’aperçoit que c’est peut-être un peu facile, et que finalement, mis à part la question du vol du courrier (dont le but reste assez flou), et l’histoire des débuts d’une amitié, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. L’écriture est relativement simple, ce qui rend la lecture fluide et rapide. Malheureusement, je n’ai pas ressenti beaucoup d’empathie pour notre héroïne, qui m’a semblé lisse dans son comportement et son caractère peu affirmé, à l’image de son physique… Du coup, je suis passée un peu à côté de cette lecture. Peut-être était-ce un récit trop jeunesse pour moi ?